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Abus : les non-dits des « offres d’emploi » au Cameroun

Ruth Melacheu, une lectrice de « La Plume de l’Aigle » nous raconte ce que cachent les multiples annonces qui inondent nos grandes villes.
Ruth Melacheu, une lectrice de « La Plume de l’Aigle » nous raconte ce que cachent les multiples annonces qui inondent nos grandes villes.

Trouver un emploi stable, fixe et rentable, est pratiquement un challenge dans les grandes villes du pays. Ce challenge est davantage compliqué pour ceux et celles qui ne disposent pas d’un réseau d’amis ou de familles solidaires. Dès lors, ces derniers peuvent facilement être des victimes oubliées d’employeurs manipulateurs. Ils dirigent la plupart du temps des entreprises anonymes locales ou des filiales d’entreprises d’origine étrangère.

Ces derniers exploitent des jeunes de tout bord en les envoyant sans aucune garantie sécuritaire dans la rue. La mission qui leur est attribuée est de vendre des produits divers. La plupart du temps, il s’agit des gels dentaires, des parfums, des crèmes de beauté, des huiles corporelles et capillaires. Mais depuis quelques temps, ils proposent des produits fabriqués par de jeunes entreprises locales tels que des boissons naturelles et des produits d’entretien. Ce qui dérange dans ces offres, c’est la méthode d’emploi et la stratégie de rémunération.

Ces employeurs attirent les jeunes via internet dans de nombreuses plateformes de recherche d’emploi, via des flirts, et des affiches qui inondent nos villes. Les emplois proposés sont entre autre réceptionnistes, agents publicitaires, distributeurs et commerciaux. Curieusement, une fois dans les locaux des employeurs, le jeune chercheur d’emploi se retrouve face à une autre réalité.

Pour sa formation, il doit payer une certaine somme d’argent.

Après cette étape, il est directement envoyé sur le terrain accompagné d’un « encadreur » pour être formé. Ensuite, il passe un examen très abordable. Les « profs » s’arrangent pour qu’il obtienne une bonne note. Ce qui fait un peu sérieux. Le lendemain, le jeune « débrouillard » reçoit des produits qu’il doit vendre alors qu’il a postulé pour un travail de réceptionniste ou d’agent publicitaire entre autres. Lorsqu’il signale cette curiosité, on lui fait comprendre qu’il doit passer deux, voire, un mois d’observation avant d’occuper son poste.

Pendant ce temps, il travaille de 8h à 16h environ et bénéficie essentiellement des commissions. En effet, si le prix du produit est fixé à 1000 FCFA et qu’il parvienne à vendre à un prix plus élevé, il garde ce surplus.

Le revers de cette méthode est qu’elle contraint le jeune commerçant à prendre des risques pour se faire plus d’argent. Des jeunes se livrent donc souvent au jeu de la séduction afin de faire des ventes. Ils se rendent seuls dans des quartiers et chez des personnes qu’ils ne connaissent pas. Ils rencontrent des individus aux mentalités diverses sous peines de subir des violences de tout bord auquel ils ne sont pas préparés. De plus, ils doivent défendre des produits dont ils ne maitrisent pas les effets. Tous les arguments et les promesses d’efficacité sont utilisés. De nombreux citoyens se retrouvent ainsi importunés dans leurs activités. Certains finissent par acheter des produits, juste pour être tranquilles.

Les jeunes vendeurs dont il est question sont généralement appelés commerciaux. Plusieurs parmi eux arrivent dans des entreprises d’exploitation et s’y accrochent par dépits. Même s’il s’agit de jeunes adultes, ils devraient être encadrés pour bénéficier des mêmes droits que tous les travailleurs.

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1 Comment
  • RebGrargy
    16 juin 2019 at 15 h 37 min

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