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Affaire Mimi Mefo : les non-dits et les omissions d’Issa Tchiroma Bakary

Le ministre de la communication ne rapporte pas intégralement le post incriminé. Pour quelle raison ? Mimi Mefo de son coté, est vue comme une « ambazonnienne ».

Le ministre de la communication ne rapporte pas intégralement le post incriminé. Pour quelle raison ? Mimi Mefo de son coté, est vue comme une « ambazonnienne ».

Mimi médite son sort toute seule derrière les barreaux. Elle est face à sa conscience. Elle ne peut plus se mirer dans une glace pour contempler sa belle figure d’ange. Parce qu’il n’y a pas de miroir dans sa cellule.  Qu’à cela ne tienne, elle garde le sourire, elle reste forte comme toutes les journalistes d’investigation. Encore qu’elle bénéficie du soutien des siens. Ses confrères sont mobilisés pour elle. Ils font le nécessaire pour qu’elle sorte de ce trou. C’est le souhait de chacun de nous. Tous les réseaux sont en branle. La liberté d’expression a reculé d’un cran au pays depuis la détention provisoire de cette consœur à la prison centrale de New-Bell. Les plumes saignent dans les différentes rédactions du pays.

En même temps, la justice camerounaise doit faire son travail. Officiellement, Mimi Mefo est poursuivie selon la déclaration du ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary pour « propagation de fausses nouvelles, de nouvelles mensongères susceptibles de nuire aux autorités publiques ou à la cohésion nationale ». A en croire le porte-parole du gouvernement, ces faits prévus sont « réprimés par l’article 113 du code pénal ». Autre motif : « outrage aux corps constitués et aux fonctionnaires, incitation à la révolte contre le Gouvernement et les institutions de la République, faits prévus et réprimés par l’article 154 du code pénal ».

Dans sa communication, Issa Tchiroma Bakary cite le Tweet qui pousse à l’incarcération de la journaliste : « Bambili en images ! Les portes sont détruites, les maisons saccagées, les animaux tués. Il a l’image d’une zone de guerre, où les civils sont capturés par des « balles errantes », des assassinats ciblés. Un missionnaire est mort aujourd’hui après avoir été abattu par des soldats ».

C’est curieux, mais je me rends compte que le ministre de la communication n’a pas rendu l’intégralité du post de la consœur. Mimi Mefo fait savoir qu’elle a obtenu les faits d’ « une source sur le terrain (qui) a confirmé l’information ». Voilà une partie que M. Tchiroma n’a pas rapportée. En principe, c’est cette chute qui devrait intéresser la justice camerounaise.  

Zones d’ombre   

« Et si notre consœur Mimi Mefo Takambu usait de son piédestal journalistique pour faire autre chose que du journalisme ? Les premiers éléments de l’enquête en cours semblent l’accabler…et révèlent une face bien cachée, même de son conjoint. Affaire à suivre », tweete Alex Mimbang ce vendredi 9 novembre 2018. Cette réaction de l’ancien journaliste de la CRTV laisse croire que cette affaire n’a pas encore livré tous ses secrets. Au sein du Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC), Denis Nkwebo et ses camarades sont formels : « Mimi Mefo doit être libérée ».

Didier Ndengue  

 

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