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Alternance au Cameroun : Jean-Marc Ngoss dans la peau de Superman

Ses missions : conquête d’Etoudi après Paul Biya, instauration de la « Kamacratie » à la place de la démocratie et rendre au Cameroun ses lettres de noblesse.

Ses missions : conquête d’Etoudi après Paul Biya, instauration de la « Kamacratie » à la place de la démocratie et rendre au Cameroun ses lettres de noblesse. 

Dans sa villa ce mercredi 06 mars 2019, les journalistes et quelques invités sont admiratifs. L’homme politique tient la salle en haleine pendant plus de 4h d’horloge. La seule voix qui se fait entendre, c’est la sienne. Celle de Jean-Marc Ngoss, le président du Parti de l’Esprit d’Avril 48 (PEA 48), donc  ce mois de mars 2019 marque ses 12 ans d’existence. C’est d’ailleurs pour cela, que l’inventeur de la « Kamacratie » est en constante opération de charme.

Aujourd’hui, il vante ses réalisations depuis la création du PEA 48 et projette l’avenir avec conviction. La grosse innovation qu’il présente ce mois, est la « Kamacratie » : un système de gouvernance qui consiste à rendre le pouvoir au peuple. Dans ce mode de fonctionnement inspiré de la civilisation Bamoun, où le Roi est jugé sur la place publique par les notables, il sera question de faire passer le président de la République au Tribunal du peuple (Tdp) après trois ans pour passer au crible sa gestion de la cité.

Un oint de Dieu…

Dans sa tête,  des idées bouillonnent pêle-mêle. Toutes convergent vers un même objectif bien tracé : la souveraineté africaine.  Jean-Marc Ngoss se définit comme l’héritier incontesté des pères fondateurs du panafricanisme, qui consiste à rendre au peuple africain sa grandeur d’antan. Dans sa démarche, il ne rejette la pierre sur aucun dirigeant de parti politique au  Cameroun, encore moins sur Paul Biya, qu’il considère comme « l’oint de Dieu ». D’ailleurs, il ne compte jamais se présenter à une présidentielle tant que l’homme du Renouveau sera encore aux affaires. Il attend son départ d’Etoudi pour lancer les hostilités.

Ça parait bizarre, mais c’est son choix. « Un oint de Dieu ne persécute pas un autre oint de Dieu », se réconforte-t-il chaque fois. Parlant justement de croyance, Jean-Marc Ngoss se vante d’avoir des supers pouvoirs. Sûrement mystiques. Curieusement, il demande toujours à Esaie Ndjeng, le directeur de publication du journal « Vision Economique » et pasteur, de dire une prière à la fin de chaque séance de travail avec les journalistes. Ça fait tic dans mon cerveau. Question : Dieu et la magie cheminent-ils ensemble ?

Vulgarisation de la Kamacratie   

En attendant de le savoir, Jean-Marc Ngoss conscientise les populations camerounaises à travers les médias, sur sa vision du Cameroun et de l’Afrique tout entière. « Nous préparons l’opinion avant de solliciter ses suffrages ». Il dit avoir pris conscience de sa destinée. « Je serai le 3e président de la République du Cameroun », clame-t-il en perçant le sol avec son bâton « de commandement ».

Il parle haut et très fort pour se faire entendre, comme tous les anciens leaders de l’antiquité. Même un sourd doit entendre ses messages de paix pour sa patrie. « Quand un Camerounais tombe, c’est un drame, quand plusieurs Camerounais tombent, c’est une catastrophe ». Ici, il fait allusion aux nombreuses crises sécuritaires que traverse le pays de Um Nyobe. Dans les prochains jours, il compte produire un petit livre bleu comportant la Kamacratie dans ses moindres détails en plusieurs millions d’exemplaires pour tous les africains.

Didier Ndengue  
Lire aussi : Afrique : Jean Marc Ngoss propose son modèle de démocratie
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