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Camp TSF à Douala : le déluge !

La cité qui avalait ses occupants clandestins n’est plus que l’ombre d’elle-même.

La cité qui avalait ses occupants clandestins n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Sous une fine pluie ce samedi 24 août 2019, quelques jeunes, dont la tranche d’âge varie entre 10 et 30 ans, ramassent du bois, extraient les fers et quelques objets qui restent encore des maisons rasées mercredi. Ces constructions ont été démolies à l’aide des pelleteuses et autres engins lourds. L’opération va se poursuivre cette semaine, apprend-on sur les lieux. « Ils vont raser tout le marché des chèvres », rapporte un commerçant, tout triste.

Abattues, deux femmes d’un certain âge, assises sur un morceau de bois, sous la pluie, n’en reviennent toujours pas quatre jours après la casse de leurs « propriétés privées ». « La dame en kaba que vous voyez là-bas, était propriétaire de plusieurs maisons qu’elle avait mises en location ici. Elle se disait que les casses n’allaient pas l’atteindre », explique un vieil homme rencontré en face du « Marché des chèvres ». Les larmes aux yeux, la dame en question comptait sur ses bonnes relations avec les politiques pour continuer à occuper les terres du Camp TSF, une propriété de l’Etat, sans autorisation, sans débourser un franc CFA.

Entre bonnes affaires et horreur

Elle n’était cependant pas la seule à avoir réalisé des bonnes affaires ici. « Les gens construisaient et mettaient des locataires », apprend une ancienne habitante du camp. En décembre 2018, un dernier avertissement leur avait été donné pour libérer les lieux. « C’était le 20 décembre si je ne me trompe pas. On leur a dit qu’ils ont toutes les vacances pour quitter. Mais ils ont cru que les autorités ne tiendraient pas parole. Ils ont également compté sur la lenteur administrative à laquelle nous sommes habituée.»

Les occupants clandestins du Camp TSF ne craignaient ni les avertissements des autorités administratives, ni les décès qui se multipliaient chaque année dans les cités. « Le Camp TSF était devenu comme Sodome et Gomorrhe. Les Betis, les Ewondos, les Bulus, les Bamouns, les Bafang,…y pratiquaient la sorcellerie comme s’ils étaient dans leur village. Et les gens mourraient pêle-mêle. Les Bamouns découpaient les personnes avec des machettes en pleine journée comme dans un film d’horreur. J’avais la chair de poule quand je voyais ce qui se passait dans ce camp», nous explique un ex occupant de ce camp, terrifié. Pour lui, le moment était venu de stopper l’hémorragie.

La délinquance juvénile, les pratiques mystiques et des querelles autour des terres de l’Etat étaient devenues monnaie courante au Camp TSF situé dans le deuxième arrondissement de Douala. On dénombre environ 200 familles jetées dans la rue en cette veille des rentrées scolaires. Quelques bandits, armés de machettes en soirée, ont profité de l’opération de démolition des maisons pour agresser les populations des quartiers environnants. Ce dimanche, des agents de forces de maintien de l’ordre ont été aperçus dans les parages, assurément pour veiller à la sécurité des riverains.

Didier Ndengue
Lire aussi : Presse privée camerounaise : les semences de la précarité
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