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Ce que je reproche à Paul Biya

Je tente de cerner l’homme lion. De comprendre ses batailles pour mieux limer ma plume. Jusqu’ici, je croyais avoir compris le renouveau. Je sais par exemple qu’il prône la paix et le vivre ensemble dans ses nombreux discours.

Mais ce que je lui reproche, c’est le fait de ne pas aller à la rencontre de sa population. Pour dialoguer avec elle comme un père avec ses enfants. Une telle action redonne du sourire et de l’espoir aux âmes déboussolées.

Le manque de contact direct avec la population, sans protocole, choque énormément certains.

Si le président Biya allait constamment à la rencontre des personnes en détresse, il aurait étouffer la haine que plusieurs ont contre son régime.

C’est bien beau d’inviter les gens au palais pour célébrer sa réélection, c’est encore mieux d’aller à leur rencontre qu’ils se sentent aussi importants et aimés par celui qui les dirige.

Depuis sa réélection, j’ai relevé dans ses derniers discours qu’il prône le protectionnisme, la production et la transformation locale. Il veut limiter les importations. C’est beau d’avoir de tels propos, mais l’idéal est leur implémentation sur le terrain, sans passer par de multiples séminaires qui bouffent énormément de sous.

Je souhaite que le président et son équipe réagissent du tic au tac. Les ateliers et leurs résolutions calqués sur les modèles européens nous saoulent.

Biya peut réaliser, en deux ans, ce qu’on lui reproche depuis 36 ans. Il suffit juste de mettre le turbo, de mettre les bonnes personnes et tout ira mieux.

Ce que je reproche aussi au président Paul Biya, c’est son silence face au FCFA, entre autres dossiers brûlants nés de la colonisation. Certains disent qu’il est un panafricaniste, mais lui même ne l’a jamais dit ouvertement.

On dit qu’il est un anti-français, mais lui-même ne l’a jamais avoué. On essaie juste de lire dans la tête du chef de l’État. Parfois il désavoue même ceux qui parlent en sa faveur.

Ce que je reproche réellement à Biya, c’est le fait de tenir des discours profonds qu’une franche de la population a dû mal à comprendre, car ses oreilles sont bouchées par la famine, le chômage, les salaires de catéchistes, etc.

Donc, monsieur le président, allez à la rencontre de votre population.
Elle a besoin de se sentir aimée.

Didier Ndengue
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