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Clochardisation des artistes urbains camerounais : pour une fois, je «déguste» du Maahlox le Vibeur

Dans un live Facebook ce dimanche, le rappeur s’offusque contre les organisateurs de spectacle qui versent des dizaines de millions aux artistes musiciens étrangers au détriment des nationaux.

C’est un fait qui arrive très rarement. Un live Facebook qui fait battre mon coeur. Maahlox le Vibeur a décapsulé la bonne bouteille. Explicitement, il a touché où ça fait mal. Le rappeur s’est attaqué à l’épineux problème de rémunération des artistes musiciens locaux. Ceux-ci, malgré leur percée sur le plan national, continental et mondial, sont toujours payés en monnaie de singe par des organisateurs des spectacles au Cameroun.

Quand il s’agit d’un artiste étranger, les mêmes structures débloquent des millions de franc CFA. À en croire Maahlox Levibeur, leurs confrères Nigerians, Ghanéens, ou Ivoiriens, touchent généralement entre 60 et 100 millions de franc CFA, voire plus pour venir prester ici. Mais quand il s’agit des artistes locaux, c’est 1 million cash. Pas plus. C’est révoltant. Maahlox de se demander : « Cela signifie-t-il qu’un artiste nigérian vaut 60 ou 100 artistes locaux ? » La colère de Maahlox va en direction des multinationales implémentées au pays. C’est elles qui organisent généralement des concerts géants dans nos grandes villes. Il met un accent majeur sur celles qui commercialisent les bières.

Quel succès voulez-vous encore?

Dans un langage qui sonne juste et vrai, Maahlox le Vibeur leur demande ce qu’elles attendent de plus des artistes urbains locaux pour revoir leurs enveloppes à la hausse. Pour rafraîchir leurs mémoires, le Vibeur leur rappelle qu’en terme de célébrité, de collaboration, de succès sur la toile, et hors, au niveau national et international, ils n’ont cessé de grimper. Au point de dépasser ceux à qui on verse des dizaines de millions. Au-delà des collaborations avec des superstars à l’instar de Beyoncé, Akon, et bien d’autres, des prix pleuvent à gogo.

Le combat de Maahlox est légitime dans la mesure où les enveloppes qui leur sont réservées ne leur permettent pas de vivre décemment. Il se plaint que cet argent ne leur permet pas de s’acheter une voiture, une villa, de payer les danseurs et d’ouvrir des maisons de production pour encadrer les jeunes artistes locaux, appelés à prendre la relève.

Le plus déplorable est que c’est des Camerounais qui travaillent dans ces boîtes, qui décident de cette minable rémunération pour leurs frères artistes. Or, cet argent ne leur appartient pas. Il permet plutôt de mousser l’économie de leurs pays d’origine.  »Il y a des grand-frères qui ont eu du succès, mais qui sont morts pauvres comme des rats. Nous ne voulons pas finir comme eux », avertit l’artiste musicien. Son live a été suivi par plusieurs milliers de personnes.

Didier Ndengue
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