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Dialogue inclusif (avec qui discuter?) : Serge Espoir Matomba identifie les acteurs clés

Le Premier secrétaire du Peuple uni pour la rénovation social (Purs) dit ce qu’il pense des « révolutionnaires » du 29 juin 2019 à Genève contre la présence de Paul Biya, le chef de l’État camerounais en Suisse.

Pour le Premier secrétaire du Peuple uni pour la rénovation sociale (Purs), la sortie de crise au Cameroun passera forcément par un dialogue franc et sincère avec toutes les couches sociales.

1- Les autorités traditionnelles : dans toutes les communautés (tribus) du Cameroun, nous avons un chef légitime intronisé, accepté et reconnu comme tel par sa communauté. En conseil ou en conclave avec deux représentants des membres procédant à son intronisation et deux représentants de son conseil (équivalent de notables), ils constituent l’autorité traditionnelle devant prendre part au dialogue inclusif.

2- La société civile : il faut d’abord se représenter là, le camerounais lambda dénoué de toutes décorations administratives, managériales ou d’appartenance à un corps ou un secteur d’activité. Il s’agit d’abord de tout camerounais, au-delà de son appartenance à une classe sociale, une obédience religieuse, un ordre, un cercle… Il s’agit du camerounais de sang, de naissance ou de nationalité, sans aucun clivage. Une fois cela fait, il faut l’insérer dans des grands groupes d’expression civile et sociale. Ces groupes constituent la société civile. Il sera donc invité au dialogue, des représentants qui parleront ouvertement en leur nom, pour défendre leur intérêt, et les engager dans des démarches visant à bâtir l’identité Cameroun et à construire la vie sociale commune des acteurs de la société civile. Dans la société civile, nous retrouvons : la petite enfance, l’adulte, l’âgé, l’élève, l’étudiant, le chercheur d’emploi, l’employé, le chômeur, l’employeur, le sportif, l’association, le syndicat, l’organisation non gouvernementale, les personnes défavorisées. Les différents groupes réunis, où l’on insert le camerounais lambda.

3- Les femmes : la femme est le socle et le pilier de la famille. C’est avec elle que la relation sociale commune naît, grandit, mûri et perdure pour l’éternité. Le monde existe, évolue ou stagne grâce à la femme. En cela, sa présence sur la table du dialogue est indispensable, et même obligatoire. Elle se fait représenter par les couches influençant la vie sociale commune. Nous avons les représentants des unités de protection des jeunes, des femmes. Les affaires sociales, les associations…

4-Les acteurs politiques : Est considéré comme acteur politique, toute personne morale, qui s’insère et se soumet à la dynamique de l’identité Cameroun, qui s’engage à garantir l’épanouissement et la pérennité de l’idéologie culturelle, artistique et linguistique du Cameroun. Il est celui qui garantit la construction socio-économique du Cameroun, sans dénaturer, modifier, ni influencer l’identité Cameroun. L’acteur politique, en plus d’être l’unité de contrôle de l’insertion et de la soumission de l’exécutif en place à l’identité Cameroun, et à la dynamique de l’idéologie culturelle, artistique et linguistique du Cameroun, il est la force de proposition et d’accompagnement pour l’évolution et l’évaluation permanente du développement socioéconomique du Cameroun. C’est la force qui conduit les masses établies, identifiées et identifiables aux aspirations et orientations économiques nouvelles, aux revendications populaires soumises à l’autorité du « Grimoire du Fondateur » et à la constitution du Cameroun, en cohérence avec l’ordre républicain et l’aspiration des masses populaires établies ou non au sein de la personne morale. Par autorité politique, on parle de syndicats (des élèves, des étudiants, des travailleurs, des chercheurs d’emploi, des chômeurs, des femmes, des hommes, des jeunes, des employeurs…), les partis politiques, les médias, les associations à caractère politique…

5-L’administration : le Cameroun est dirigé par des structures administratives constitutionnelles et juridiques. Elles sont la fondation sur laquelle s’appuient les représentants du parti donné vainqueur aux élections présidentielles pour pouvoir, diriger le pays,  tout en étant soumis au « Grimoire du Fondateur », à la constitution, et aux codes établis et validés d’un  commun accord par toutes les parties prenantes du dialogue inclusif. L’administration est l’outil par excellence permettant de donner force au « Grimoire du Fondateur », à la constitution et aux différents codes. Elle y arrive par son engagement double : se soumettre à ceux-ci, et placer au dessus de toutes les parties prenantes au débat,  ces outils de cohérence et de cohésion sociale, notamment le «  Grimoire du Fondateur » , la constitution et tous les codes (civique, civil socio économique).  Notre État étant bien organisé, le dialogue qui doit se faire dans un contexte républicain ne peut se faire en écartant l’administration. On entend par administration les hauts représentants de la cellule exécutive du pays (le Président de la République, le Secrétariat Général à la Présidence, le Premier ministre), les hauts représentants de la cellule judiciaire (le conseil constitutionnel, le tribunal de grande instance, le tribunal de première instance), les hauts représentants de la cellule législative (la Présidence du Sénat, la présidence de l’Assemblée nationale), les codes qui régissent et régulent la vie sociale commune (le code du travail, le code pénal, le code de procédure pénale, le code de procédure administratives…).

6-Les autorités religieuses : les hommes d’église, tels que communément appelés, ont longtemps joué un rôle pertinent dans la construction de la tolérance au sein des communautés camerounaises. L’église a toujours été un lieu de brassage interculturel par le biais des messes, des activités , religieuses, artistiques, sportive… qu’elle abrite. Elle est le lieu de rapprochement intertribal par la célébration des unions au travers du mariage. Grâce à l’église, les uns et les autres (les camerounais de tribus différentes) ont pu se découvrir de similitudes, des différences, et ont appris à vivre ensemble et en harmonie avec cela, dans le partage et l’entraide. L’église occupe une place importante dans la vie quotidienne des Camerounais. En plus de son rôle de rassembleur, il est temps de lui donner une place stratégique dans la consolidation de l’identité Cameroun et dans la préparation et le maintien du Camerounais sur le cap de la construction socio-économique du Cameroun. Il faut pour cela noter que l’église a maintenu plusieurs générations dans la croyance en un espoir qui se construirait par une force ou une main étrangère. Cette pensée ne contribue pas à l’émancipation individuelle et la construction d’une volonté orientée sur soi-même. Cela porte un coup sérieux à la foi en soi-même, éléments essentiels pour l’insertion socio-économique individuelle et la construction socio-économique globale. L’église au Cameroun doit être réformée, pour répondre aux exigences que nous impose la volonté de construire un Cameroun meilleur. Il s’agit ici des églises issues des religions héritées du contact avec les européens et les arabes. La religion chrétienne et la religion musulmane. La religion pratiquée par nos ancêtres bien que n’ayant pas su s’imposer, parce qu’elle n’a jamais été pensée pour être rependue, puisqu’elle est aujourd’hui mise en valeur, doit elle aussi se réformer pour s’adapter à la volonté commune camerounaise nouvelle. Bien que restée tabou et pratiquée par une minorité qui a à tort ou à raison contribuer à la dénaturer et à l’emprisonner dans la sphère de la sorcellerie, il est légitime de solliciter la présence des chamans au dialogue.

Serge Espoir Matomba

 

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