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Foot business : remplir les gradins vaut désormais de l’or

Bon weekend à tous. J’ai entendu quelque part qu’un dirigeant d’un pays africain a promis un million de FCFA à chaque supporter qui se rendrait au stade en Égypte pour encourager sa sélection nationale qui fait une belle prestation à la Coupe d’Afrique des nations de football (Can). Ça doit être le Bénin si ma mémoire ne me joue pas des tours.

Je crois aussi avoir entendu qu’un autre a affrété un avion spécial pour transporter les supporters de son pays pour le même exercice.

Pourquoi dépenser autant d’argent sur des « futilités comme ça » alors qu’ils pouvaient l’utiliser pour goudronner les routes, aménager des écoles, réhabiliter les hôpitaux, etc.? Pourquoi un tel gâchis ? Nous voyons bien que ces dépenses se chiffrent à plusieurs centaines de millions de nos francs.

Or les supporters peuvent se rendre au stade d’eux-mêmes pour l’amour du football, comme cela se faisait auparavant. À la belle époque justement, chacun mobilisait les frais pour son transport et pour son ticket d’accès au stade pour assister aux matchs des inter-quartiers.

Quelques années plus tard, on suit désormais tout à partir de nos smartphones, de nos téléviseurs. Il y’a l’avènement du parifoot et tous les autres structures qui font le business du football que vous pouvez imaginer. Avec 200 FCFA, un parieur fait son pronostic et attend que celui-ci morde. Même au stade, on ne joue plus pour plaire aux demoiselles, ou pour devenir une star de renommée internationale comme Joseph Antoine Bell, ou Roger Milla.

Désormais, on « met l’argent à terre », avant de parler de la pelouse. Chacun souhaite d’abord recevoir « son argent », au risque pargois de disqualifier son pays dans une compétition d’envergure internationale. Ce phénomène est d’ailleurs encouragé par les supporters, qui scandent à cor et à cri: « donnez l’argent aux enfants!! ». Donc, mêmes les équipes n’ont plus de réels supporters capables de sacrifier toute une journée pour elles, de bagarrer pour elles, de veiller pour elles.

La majorité de ceux qui regardent le championnat européen aujourd’hui, ont des intérêts particuliers. Ils sont amoureux du gain, donc des vrais  »jamboteurs » de Parifoot et autres. Donc si vous les voyez crier dans un pays, sachez que leur pronostics va donner quelques billets de banque. Toutefois il existe encore des supporters fanatiques, comme moi. J’en connais qui se reconnaîtront.

Parlant justement de Parifoot et ses confrères, est-ce que notre championnat est également à l’ordre du jour sur les tickets de ces parieurs pour qu’ils s’y intéressent à fond?Je ne saurais vous répondre avec exactitude parce que ce n’est pas mon monde. Soyons donc vrais avec nous-mêmes, l’amour du football est mort. C’est l’amour du football-business qui règne en maître maintenant.

Face donc à ce désintérêt manifeste des fans du football quant à leur présence au stade, les pouvoirs publics sont parfois obligés de prendre leur responsabilité. Sinon à quoi ressemblerait une finale de la coupe du Cameroun avec un stade totalement vide alors que nous sommes à la veille de deux événements sportifs continentaux?

Il faut donc repenser la mobilisation, la motiver, pour espérer faire le plein d’un stade pendant un événement sportif d’envergure comme le Chan et la Can qui se préparent au pays des Lions Indomptables.

Didier Ndengue
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