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Franc CFA : Daniel Ona Ondo peut-il sauver l’Afrique centrale du joug colonial?

Le président de la Commission de la Cemac prépare actuellement un colloque international sur la monnaie coloniale. Une monnaie qui étouffe les 14 pays d’Afrique qui l’utilisent. L’économiste devra trancher en faveur du peuple souverain ou de la France.

Le président de la Commission de la Cemac prépare actuellement un colloque international sur la monnaie coloniale. Une monnaie qui étouffe les 14 pays d’Afrique qui l’utilisent. L’économiste devra trancher en faveur du peuple souverain ou de la France.

Toutes les études sérieuses ont démontré que le Franc CFA est un énorme caillou dans nos chaussures. Ce fardeau que certains appellent naïvement « héritage colonial » n’est rien d’autre qu’une machine qui appauvrit nos peuples. Un véritable frein à notre développement.

Notre douleur est même devenue contagieuse. Elle a atteint l’Europe sans prendre un vol. Là-bas, elle se fait ressentir à travers le flux migratoire. Dans leur charte officielle de sortie de crise en France, les « Gilets Jaunes » demandent à Emmanuel Macron, leur président, de mettre fin au FCFA. Visiblement, Macron et son gouvernement sont ivres d’orgueil. Ils semblent être en crise de réflexions et de stratégies.

Dans le chapitre franc CFA de la charte des Gilets Jaunes, ils doivent savoir que ce n’est pas seulement une question des Africains, mais une question de paix et de sécurité dans le monde ; tant en France, en Europe, qu’en Afrique.

Lire aussi : La convertibilité du franc CFA avec le seul euro favorise les entreprises européennes

Mais tant que Paris et ses alliés en Afrique resteront de marbre, la situation ira de mal en pire. Si l’Élysée tente de maquiller le problème du franc CFA à cause de la pression actuelle, la France récoltera le déluge dans les prochaines décennies. Donc, il faut couper le cordon ombilical. Un point deux traits.

Il est donc urgent d’en découdre avec ce « machin » et que chacun se débrouille pour stabiliser son économie. Ni les anciennes colonies britanniques, ni leur colonisateur ne sont pas morts pour avoir mis fin au Currency Board il y a plus de 73 ans. Et pourquoi pas nous ?

J’ai l’impression que le président de la Commission tâtonne  

En suivant très attentivement un reportage repris sur sa page Facebook ce mercredi matin, j’ai eu l’impression que le président de la Commission de la Cemac est pour le maintien du FCFA en Afrique centrale. C’est juste une impression hein ! Or Idriss Deby Itno et Obiang Nguema Mbasogo sont pour la sortie définitive de cette politique monétaire. En tant que représentant des chefs d’Etat qui lui ont délégué une partie de leur souveraineté, le Pr. Daniel Ona Ondo doit trancher en faveur du peuple de la Cemac. Il n’est plus question en 2019, de parler des avantages et des inconvénients  du FCFA. C’est une perte de temps, d’énergie et d’argent pour rien.

On sait tous que le compte d’opération logé dans le trésor français n’est pas bon pour nos Etats. « Mon rôle est de voir, à partir de tout ce qui se dit aujourd’hui, comment il faut relancer la machine », explique Daniel Ona Ondo dans ce reportage. Et d’ajouter : « En tant d’Africains, c’est à nous seuls et à nous seuls de savoir si le FCFA est bon pour nous ». La réponse, l’économiste en chef du gouvernement de la Cemac la connait. Notre communauté a besoin d’une stratégie monétaire en tant que peuple souverain, soucieux de construire une croissance durable et inclusive.

« Pour relancer la machine dans la zone Franc, si on estime à tort ou à raison, qu’il faut sortir du FCFA, qu’il faut sortir des relations avec la France, c’est en toute souveraineté,….il ne faut pas qu’on le fasse par un coup de tête », conclut le président de la Commission de la Cemac, qui prépare actuellement un colloque sur la question. J’espère qu’au cours de ce rendez-vous, le panel ne sera pas dirigé par les « experts » du FMI, de la Banque mondiale ou de l’Union européenne, car ces institutions sont au service de la France. Si le débat semble compliqué sans ces gens, il faut passer par un referendum.

Si on met fin au Franc CFA aujourd’hui, ce ne sera pas par un coup de tête. Ce sera légitime, car après plus de 400 ans de traite négrière, plus de 200 ans de colonisation et plus de 70 ans de néocolonialisme et d’esclavage monétaire, il faut sortir la tête de l’eau. Trop c’est trop !

Didier Ndengue
Lire aussi : Larba Israël LOMPO : « M. Ouattara le FCFA ne nous appartient pas »
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