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Histoire de l’humanité : la curieuse amnésie des Occidentaux

Il écrit depuis plus de cinq décennies. Ses bouquins tournent autour de la mémoire collective africaine. Contre vents et marées, il reste debout comme un roc. Le prince des Bele Bele, âgé de 71 ans, est mon coup de cœur de la semaine.

Depuis quelques années, les dirigeants français prononcent des discours méprisants vis-à-vis des pays de notre continent. On a eu Nicolas Sarkozy qui a laissé entendre que « l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire », ensuite Emmanuel Macron qui nous a balancé cette ordure en pleine figure : « Le défi de l’Afrique, il est civilisationnel aujourd’hui ». Mon indignation…

Tu te réveilles un matin, tu constates que tu n’as plus de mémoire. Tu te souviens qu’elle est soigneusement gardée dans les musées européens par ceux qui ont pratiqué l’esclavage et la colonisation sur tes ancêtres. Ils ont tué ceux qui voulaient se révolter contre leurs pratiques criminelles. L’esclavage et la colonisation sont un crime contre l’humanité. Ceux qui l’ont fait méritent la pire sanction qui existe au monde.

Mais comme je sais que ceux qui dirigent les instances juridiques internationales sont ceux qui sont à l’ origine de ce drame, je n’attends rien d’eux. Je n’attends par exemple rien de la Cour Pénale Internationale (CPI), qui détient toujours Laurent Gbagbo derrière les barreaux et laisse l’assassin de Mouammar Khadafi en liberté. Tout ce que je demande aux Africains, qui n’auront jamais une place de choix dans les sociétés des hommes « civilisés », c’est de ramer à contre courant. Cela permettra sûrement de renouer avec notre histoire. Si on attend que nos bourreaux nous remettent ce qu’ils nous ont volé, on attendra encore longtemps, parce qu’à leurs yeux, nous ne serons que « des pauvres descendants de singe ». Cette expression me met dans tous mes états.

« Comment les européens au 21e siècle continuent à voir l’Afrique ? C’est-à-dire que les européens ne voient pas ce berceau de l’humanité, ils ont réduit l’Afrique à la période de déclin des quatre, six derniers siècles : esclavage, colonisation », regrette l’historien Prince Kum’a Ndumbe III qui a fait de la restauration de la mémoire collective africaine son cheval de bataille.

Pour panser les blessures du passé, plusieurs personnes proposent aux africains de tourner cette triste page de notre histoire. J’aimerai bien, mais le problème est qu’elle me suit partout. Comment peut-on avancer dans l’œuf ? Comment peut-on bomber le torse tout en sachant qu’on court dans le sac ?  Quand ceux qui nous formatent avec l’onction de nos dirigeants refusent de reconnaître notre réelle place dans l’histoire de l’humanité ? «   C’est-à-dire qu’il faut arrêter de voir cette image de l’Afrique en déclin, comme si c’est ce qui a toujours été et ce qui a poussé le président français à dire que l’Afrique doit rentrer dans l’histoire, l’Afrique est l’histoire de l’humanité ».

Nos bourreaux nous enseignent notre histoire  

Pour le prince Kum’a Ndumbe, les dirigeants européens sont amnésiques. Ils ont un manque de connaissance profonde de l’histoire, lié à une arrogance sans pareil. Jusqu’à présent, les occidentaux n’arrivent pas à concevoir qu’il s’agit d’un continent qui a mis l’homme au monde.

Pendant ses nombreuses rencontres, Kum’a Ndumbe rappelle toujours que « pendant des millénaires, l’Afrique a fonctionné, l’Afrique a produit, l’Afrique a inventé », malheureusement, « tout ça a disparu des mémoires, mais pas seulement des mémoires des Européens, même des mémoires des Africains ».

Notre histoire, écrite par nos bourreaux et enseignée dans nos écoles avec la complicité de nos dirigeants, nous force à croire que nous existons depuis 50 ans seulement. On a gommé nos archives. Nous sommes perdus. On n’a plus de repères. La petite France se prend pour notre mère et maître. « Les repères ont été enlevés. C’est ça qui est extraordinaire quand vous allez en Allemagne, en France, vous retrouvez l’Afrique qui a été emprisonnée quelque part, et les africains eux-mêmes, ils n’ont pas accès à ces repères », s’indigne le prince des Bele Bele. En clair, l’essentiel de l’Afrique est emprisonné chez les maîtres. Ce qui fait que « les africains eux-mêmes n’arrivent plus à se connecter avec eux-mêmes ». Révoltant !

Didier Ndengue

 

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