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Kum’a Ndumbe III : une bibliothèque trop sainte pour les âmes souillées

Je suis là, juste pour l’écouter. Je ne prends pas les notes. Car ce qui nous raconte mérite plus qu’un bloc note et un stylo pour être mémorisé.

Je suis là, juste pour l’écouter. Je ne prends pas les notes. Car ce qui nous raconte mérite plus qu’un bloc note et un stylo pour être mémorisé. Les yeux plein d’espoir, je suis attentivement ce vieil homme, qui se bat depuis plus de 50 ans pour la restauration de la mémoire collective africaine. Ce mois de décembre 2018, il célèbre ses 50 ans d’écriture. Le Prince Kum’a Ndumbe III a passé toute sa vie à rechercher les racines de son Afrique, notre continent.

Il n’est malheureusement pas connu dans son propre pays natal, alors qu’il a rédigé plus de 70 bouquins en Douala, en Français, en Anglais, en Allemand, etc.

Il a refusé de faire sa vie chez les colons malgré les nombreuses opportunités, parce qu’il estimait qu’il y avait quelque chose qui manquait à l’Afrique : sa mémoire.

Le Prince a décroché plusieurs prix internationaux (Europe, USA, Afrique). Il a même reçu une décoration de la famille de la légende Martin Luther King.

J’ai mal quand je vois un jeune africain critiquer un pareil monsieur, qui a refusé toute compromission au nom de la vérité. Quel jeune camerounais sait qu’il est l’un des pionniers de la lutte pour la restitution des objets de culte et d’adoration volés à nos ancêtres par les colons ?

Au dessus de l’intelligence

Quand je suis ses interventions, j’ai les larmes qui coulent à l’intérieur de mes yeux. Pour moi, le Prince Kum’a Ndumbe est au dessus de l’intelligence humaine. C’est l’un des rares PURS panafricanistes qu’il nous reste en Afrique. Une espèce en voie de disparition. Certaines personnes ne s’en rendent même pas compte.

Vous savez, quand vous n’êtes pas un suiveur ou quelqu’un des réseaux (sectes) occidentaux, on fera tout pour que vous ne soyez pas écoutés. On vous traitera même de fou, parce que vous ne marchez pas selon les règles établis. Établis par qui ? Par ceux qui pervertissent le monde bien-sur !

Aujourd’hui, le Prince est fatigué, ça se voit à l’œil nu, alors que sa bataille porte déjà des fruits. Depuis quelque temps, certains pays africains exigent la restitution des œuvres d’art volées chez eux par leurs bourreaux avant la fausse indépendance octroyée en 1960. Oui, elle était fausse pour le prince des Bele Bele, qui croit que les pays africains n’ont été libres qu’avant l’arrivée des Blancs. Ces sanguinaires, qui faisaient fouetter nos ancêtres en public quand leurs enfants refusaient d’aller à l’école pour se faire formater.

Qui sait même que les colons ont administré de sévères coups de fouet à nos aïeux qu’ils ont traité de singes? Ils ont tranché les cous de ceux qui osaient soulever la tête pour dire NON à leurs crimes. Ces pauvres cons ont volé près de 90% de nos richesses spirituelles qu’ils ont remplacé par leurs doctrines, juste pour nous contrôler.

Ils savent qu’ils nous ont dépouillés de tout, pour couronner le tout, ils ont placé leurs pions à la tête de chaque État pour nous maintenir dans l’esclavage. Peut-on dire qu’on est souverain quand on est incapable de frapper du point sur la table pour dire « ça suffit » ?

Non, le sommeil est trop long. Il faut se réveiller et ramer à contre-courant pour retrouver ses racines.  La vraie indépendance des États africains doit déjà s’opérer. Mais je suis sûr d’une chose : elle ne se donnera pas sur un plateau en or, elle devra s’arracher.

Didier Ndengue
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