A la une Culture L'aigle

Littérature : les couloirs sombres de la presse écrite camerounaise

Dans ses deux bouquins « Les couloirs de la presse écrite au Cameroun » et « Le rêve brisé », Antoine Aloumbé plonge le lecteur dans le calvaire des journalistes de son pays.

Dans ses deux bouquins « Les couloirs de la presse écrite au Cameroun » et « Le rêve brisé », Antoine Aloumbé plonge le lecteur dans le calvaire des journalistes de son pays.

Un calme particulier règne dans les couloirs de l’imprimerie catholique Macacos ce jeudi 6 décembre 2018. Il est 14h06 minutes quand nous faisons notre entrée. Derrière son nouveau bureau, jadis destiné à la comptabilité, Antoine Aloumbé classe les dossiers de quelques titres qui seront imprimés ce soir. Le responsable technique et commercial de la plus grande imprimerie de la ville de Douala maitrise parfaitement l’univers de la presse écrite dans son pays pour avoir été directeur de publication du « Journal des Jeunes » (JDJ), l’un des premiers tabloïds du Cameroun, destiné à la jeunesse. Il a aussi été chef de bureau du groupe La Météo à  Douala.

En plus d’être au cœur de l’impression des journaux dans la région du Littoral aujourd’hui, Antoine Aloumbé est également infographiste depuis plusieurs décennies. Les expériences vécues dans ces différents milieux lui ont inspiré des bouquins. Il en qui en est déjà à son troisième ouvrage. Tous sont actuellement disponibles sur les plateformes numériques (Amazon, Edilivre, etc.) et indispensables pour les filières de communication et de journalisme dans nos universités.

Des couloirs parsemés d’embûches

La bonne charité commence par soi-même. C’est ce qu’il s’est dit en se lançant dans la rédaction des bouquins. Après deux ans d’écriture, il met « Le rêve brisé » et « Les couloirs de la presse écrite au Cameroun » sur le marché en 2017. Les deux œuvres éditées chez Edilivre, racontent les mésaventures de la presse écrite au pays de Paul Biya.  « Il faut s’attendre à retrouver dans ces bouquins, matière à réflexion. Il n’est pas question de lapider le journaliste, encore moins celui là qui se peine à donner une information judicieuse au public tout le temps », commente l’auteur. Dans ses deux bouquins « Les couloirs de la presse écrite au Cameroun » et « Le rêve brisé », Antoine Aloumbé plonge le lecteur dans le calvaire des journalistes de son pays.

En effet, « Les couloirs de la presse écrite au Cameroun »  présente les faces cachées de cette profession, non sans soulever le débat sur les sujets « qui semblent être tabous jusqu’à présent ». Il évoque entre autres la clochardisation des acteurs du « 4e pourvoir », la rémunération en monnaie de singe des reporters, etc.

Tous ces problèmes remettent au goût du jour l’éternel problème d’organisation de cette profession dans notre pays.

On a d’un coté les directeurs de publication qui se battent contre vents et marées pour rendre leur activité fiable, pendant que d’autres traînent leurs titres dans les sacs, sans sièges fixes. Ce qui pose un problème de repérage. « Le problème de la presse au Cameroun, c’est la mauvaise organisation du secteur. La précarité ambiante, le manque de formation des directeurs de la publication, l’affairisme, l’absence des entreprises de presse, des conférences des rédactions, les salaires de catéchistes, la non-application de la convention collective. La rareté des subventions. Les paiements en monnaie de singe des directeurs de publications ». Un tableau peint dans ces deux ouvrages de 200 à  300 pages. L’auteur ouvre ainsi « le débat afin de susciter à l’avenir des changements positifs, avec une analyse profonde». Pourvu que les concernés aient le courage d’en parler en public.

Didier Ndengue