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Luther André Meka : « Paul Biya est un visionnaire qui marque son temps »

Contrairement à une certaine opinion qui le considère comme un Président conservateur, Paul Biya est libéral et ouvert.  L’approche diachronique et historique nous le démontre à plusieurs égards. En 1990, au plus fort de l’avènement de la démocratie, l’aile dure de son parti refusait sans ménagement la démocratie à travers une marche conduite par Jean Jacques Ekindi. Il a pris le contre pied de son appareil politique en demandant à son parti le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de se préparer à la concurrence.  Dans la même période, sous la pression des vents d’Est, le peuple revendiquait à corps et à cris la conférence nationale qui avait pignon sur rue en Afrique. D’un ton martial, il a dit que la conférence nationale est sans objet au Cameroun, mais il a consenti la tripartite qui regroupait l’opposition, l’Etat et la société civile.

En 2008, pendant les émeutes de la faim, il a fermement condamné les casses, le désordre, mais au conseil des ministres il a blâmé son gouvernement en donnant raison aux grévistes. Il a par la suite donné des instructions fermes pour maitriser l’inflation et la hausse des denrées alimentaires de première nécessité qui avaient cours en 2008. Fort de ce constat, il est permis d’arguer que le Président a  toujours été à l’écoute de son peuple aux moments cruciaux qui engagent la nation

Le Grand dialogue national

Les Camerounais de toute catégorie: les hommes politiques, la société civile, le clergé, les pays partenaires et amis ont demandé le dialogue. Le Président dans son rôle de père de la nation et de garant de la constitution, a donné les grands principes qui encadrent la vie dans une République. Le respect de la loi. Et en cela, en bon père de la nation, il dit dans son adresse à la nation qu’un homme ne peut aller commettre des exactions, des meurtres, des viols sous le principe que le dialogue va l’innocenter. Ce sera une façon de creuser le lit de l’anarchie, ou alors de construire les germes de la permissivité et de l’Etat de non droit. Le président en bon père de la nation a démontré sa bonne foi et a égrainé le chapelet des réalisations par rapport à cette crise anglophone qui va au-delà des attentes. En décidant d’appeler au dialogue, le Président montre les acquis de cette bonne foi, et dévoile le canevas de la rencontre.

Au-delà des thèmes porteurs qu’il a énoncés, il est important que la nation tout entière saisisse cette opportunité pour faire des propositions fortes qui peuvent remobiliser les Camerounais et booster le pays. Une fois encore comme à son habitude, il a surpris les Camerounais en invitant au grand dialogue national. Et là encore, il fait plus que prévu. En annonçant le grand dialogue national, Il va au-delà du dialogue inclusif car un dialogue peut être inclusif mais pas grand. Un dialogue peut être grand mais pas inclusif. Un dialogue peut être grand mais pas national et s’arrêter aux deux régions Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est donc un Président qui sait marquer son temps et adapter les réponses à l’ère du temps.

Maintenant, il faut le savoir, la fête est belle par la qualité des invités et le menu. Le menu est servi. On devrait tout faire que les invités soient à la dimension de la fête.

Lire aussi : Grand dialogue national : la communauté internationale en rangs serrés derrière Paul Biya

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