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Mémoire collective : le vrai challenge camerounais

Comme moi également, Rodrigue voudrait que le président Biya mette fin à la crise sécuritaire qui sombre les régions anglophones de notre pays depuis deux ans. On a plusieurs points en commun.

En plein air, près d’un jardin public ce mercredi 21 novembre 2018, je rencontre le grand-frère Rodrigue, un pro Joshua Osih, devenu pro Maurice Kamto par la force médiatique. Je suis fier de rencontrer cet ainé de la profession.     On ne s’était plus revu depuis l’élection présidentielle du 07 octobre dernier. Par contre, on se suit sur les réseaux sociaux, où l’ambiance est souvent tendue à cause des discours haineux qui pullulent ces plateformes depuis quelques mois. Le tribalisme y règne en grand maitre. Comme moi, Rodrigue lutte contre ce phénomène qui ne garantit pas la cohésion sociale au Cameroun.

Comme moi également, Rodrigue voudrait que le président Biya mette fin à  la crise sécuritaire qui sombre les régions anglophones de notre pays depuis deux ans. On a plusieurs points en commun. C’est un panafricaniste comme moi. Notre plus grande satisfaction, celle qui nous fera jubiler, sera la libération totale de l’Afrique par les colons.

Rodrigue a une très bonne culture générale des conflits dans le monde. Il est convaincu que l’homme blanc ne sera jamais l’ami du noir. Il y a des exceptions, c’est vrai, mais elles se comptent aux bouts des doigts. Rodrigue m’a baladé sur plusieurs autres terrains. On a surfé sur la politique, mais également sur la spiritualité.

Ce journaliste écrivain est conscient que le candidat Kamto n’avait aucune chance face à la machine à broyer de Paul Biya. « J’ai entendu dire que Kamto était franc-maçon. Et vous croyez qu’un maçon peut développer un pays ? Surtout nos franc-maçon africains », s’interroge-t-il.

Que ce soit Biya ou Kamto, nous sommes tous deux conscients que le vrai débat camerounais et même africain n’aura pas lieu. Nous avons pensé aux révolutions cubaine, russe, chinoise, indienne, et même rwandaise tout près de nous. Nous nous sommes rendus compte qu’elles étaient réfléchies, méthodiques et rusées. Elles se sont appuyées sur une philosophie, sur une doctrine.

La Chine, le Cuba, la Russie, le Rwanda, etc. ont peaufiné leur identité avant de s’ouvrir au monde. Qu’en est-il de notre cher pays? Bien qu’il soit en mouvement avec les nombreux chantiers, on se rend compte qu’il y a quelque chose qui nous manque. On n’a pas un esprit,  ni une âme collective.  On n’a ni tête, ni queue. On calque tout sans pour autant implémenter comme il se doit.

Avec les mains toujours tendues vers les « bienfaiteurs », on se ridiculise, et on est ouvert à tous types de propositions, mêmes les plus diaboliques. D’où l’urgence de la restauration de la mémoire camerounaise.

Didier Ndengue  
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