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Message de fin d’année 2018 : Paul Biya la main sur le cœur

L’essentiel du discours du président de la République du Cameroun de ce lundi 31 décembre 2018.

L’essentiel du discours du président de la République du Cameroun de ce lundi 31 décembre 2018.

Il supplie les entrepreneurs de guerre de déposer les armes dans les régions anglophones du pays et de retourner à de meilleurs sentiments. Il sollicite également le soutien de son peuple pour l’aider à sortir le pays du trou. Le président Paul Biya parle comme un père à ses enfants depuis le 6 novembre dernier, mais il a l’impression de parler dans le vide. Cependant, le locataire d’Etoudi ne se décourage pas. « Le septennat qui vient de commencer devrait être décisif pour notre pays. Il pourrait même être l’un des moments les plus importants de notre histoire depuis notre indépendance », déclare-t-il d’entrée de jeu ce lundi 31 décembre 2018 dans son traditionnel discours de fin d’année à la nation.

À travers cette introduction, le chef de l’État me rassure qu’il tient toujours le gouvernail, contrairement à ce que certains pensent. Il s’explique : « Au cours du demi-siècle qui vient de  s’écouler, nous avons édifié progressivement des institutions démocratiques. Nous nous sommes efforcés d’établir la sécurité sur l’ensemble de notre territoire. Nous avons tout fait pour passer d’un modèle économique obsolète à un système plus moderne et plus conforme à notre intérêt national ». Paul Biya brosse certains objectifs qui ont été atteints « comme l’établissement de la démocratie ».

Difficultés imprévues

Concernant la sécurité au pays, le dirigeant camerounais fait savoir que la tâche n’a pas été facile. On se souvient tous que le pays est attaqué de toutes parts par des ennemis de la paix. Toutes ces menaces ont eu un impacte considérable sur l’économie nationale. Des difficultés imprévues ont aussi compliqué la marche du pays. Entre autres « la forte détérioration des termes de l’échange » dans les années 80. Et de poursuivre : « Dix ans plus tard, la crise économique et financière mondiale a brisé notre élan et ralenti notre croissance. Plus récemment, la baisse des cours du pétrole et des matières premières a eu le même effet ».

Face à l’adversité, Yaoundé a élaboré une stratégie de développement articulée en trois temps : les grandes ambitions, les grandes réalisations et les grandes opportunités. Nous en sommes à la dernière. Le président de la République espère qu’elle nous conduira « au seuil de l’émergence ». Pour y parvenir, trois tâches fondamentales devront être accomplies : « rétablir la sécurité, conforter notre croissance économique et améliorer sensiblement les conditions de vie des Camerounais ».

La crise anglophone

Sur le plan sécuritaire, le chef de l’Etat a les regards tournés vers les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « J’ai eu récemment l’occasion de m’exprimer sur les problèmes qui les concernent. J’ai dit et je le confirme que j’éprouve la plus grande sollicitude envers les populations de ces deux régions. Je suis très sensible à leurs inquiétudes concernant leur sécurité et à leurs aspirations touchant le retour au calme et à une vie sociale normale ». Lors de sa prestation de serment le 6 novembre 2018, il avait demandé aux séparatistes de déposer les armes. Mais le chef de l’Etat a l’impression qu’il n’a pas été entendu. Il a encore insisté dessus ce soir : « Si l’appel à déposer les armes que j’ai lancé aux entrepreneurs de guerre reste sans réponse, les forces de défense et de sécurité recevront instruction de les neutraliser. Je suis bien conscient en effet de la désolation que ces insurgés infligent aux populations de ces régions. Cette situation ne peut plus durer ». Il promet d’accélérer la décentralisation et la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. « Mon souhait est qu’au bout du compte, l’unité nationale en sorte renforcée ».

Transformation de nos matières premières

Dans le chapitre consacré à l’économie, il est revenu sur la modernisation de l’agriculture. « Les grandes lignes de cette « révolution agricole » avaient été définies au comice d’Ebolowa et demeurent encore pertinentes », rassure le président. La transformation de nos matières premières est également une préoccupation majeure du chef de l’État. Il compte poursuivre avec la même détermination dans le domaine « d’infrastructures d’énergie ». Ce sera « à la fois pour répondre aux besoins de notre agro-industrie et de nos différents secteurs industriels ainsi que pour satisfaire les demandes de nos populations ». Aux barrages hydro-électriques en construction, il annonce aussi des centrales solaires destinées à l’électrification des zones rurales.

Recours au protectionnisme

Les chantiers des routes, autoroutes, des ports et aéroports seront poursuivis, promet-il. Dans le même ordre d’idée, le président de la République trouve qu’il est « inadmissible que la maturation de nos projets prenne beaucoup plus de temps que dans des pays de niveau comparable. Ces délais devront être abrégés ». Face à la montée en puissance du protectionniste dans le monde, le président de la République croit que « nous sommes en situation de produire une grande partie de ce que nous importons, qu’il s’agisse de produits d’origine agricole ou industrielle. Il faudra absolument en tenir compte ». Dans la même mouvance, il rappelle qu’ « il est indispensable que nous fassions davantage pour intégrer les progrès du numérique dans le fonctionnement de nos services publics et de notre économie. La société digitale qui s’annonce n’attendra pas les retardataires ».

Il chute sur le retrait de l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun par la CAF en rassurant que les infrastructures routières, ferroviaires, hospitalières et sportives liées à ce grand événement, se concrétiseront pour que nous soyons prêts le moment venu.

Didier Ndengue
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