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Peter Claver Nkodo : « les gilets jaunes ignorent que la France pille ailleurs le pétrole qui alimente leurs véhicules »

Le directeur de publication de « Horizon Plus Magazine » jette un regard sur le monde.

Le directeur de publication de « Horizon Plus Magazine » jette un regard sur le monde.

Que vous inspire la crise sociale qui secoue actuellement la France ?

La crise des « gilets jaunes » est une peinture à la fois violente et burlesque de l’ignorance des Français sur l’origine de leur confort matériel. Il est évident qu’ils ignorent que la France pille ailleurs le pétrole qui alimente leurs véhicules non seulement sans contrepartie mais également, sur les larmes et le sang des africains. C’est une aubaine que cette actualité offre plus que jamais aux médias africains de rétablir la vérité sur tous les mensonges qui circulent depuis toujours sur l’origine de la pauvreté endémique de notre continent.

Quels avantages ou inconvénients pour l’Afrique ?

La crise des « gilets jaunes » rappelle et parle aux africains. La démocratie en soi n’est ni plus ni moins qu’une imposture de l’Etat. Voilà des symboles qui font la gloire de la France vandalisés pour une hausse de quelques centimes du prix d’un carburant dont la France fait main basse au delà de ses frontières aux prix des souffrances des peuples condamnés à la misère depuis toujours. La large diffusion des informations sur la crise des « gilets jaunes » en Afrique participe à la déconstruction du mythe de la démocratie à terme et suscite des interrogations sur le bien fondé de celle-ci qui s’apparente davantage à un espace de libertinage politique et de chaos.

Restons en Europe avec le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne. La crise du Brexit, ça vous dit quelque chose ?

« L’Afrixit » si je peux l’appeler ainsi aura beaucoup davantage pour notre continent en ce qui concerne sa souveraineté sur tous les plans commençant par la construction idéologique. Une décision concertée dans ce sens sera sans doute courageuse mais fatalement semble irréalisable à cause de tous ces agents compradore dormant qui infestent la chaîne décisionnelle de notre élite que ce soit continentale ou nationale. Le premier défi que notre continent doit relever est strictement immatériel et pour tout dire éducationnel. L’Afrique doit valoriser prioritairement des référentiels endogènes dans la perspective de la construction de son couloir de développement à terme.

Lire aussi: Brexit, Donald Trump, Gilets Jaunes : le vin est tiré, l’Afrique doit boire !

Quelle position nos dirigeants doivent-ils avoir en ce moment au regard de ce qui se passe partout dans le monde ?

Nos dirigeants devraient s’autonomiser sur le plan idéologique et s’imposer des démarches inclusives en faveur de nos peuples qui ont tous les regards tournés vers leurs élites. Une élite jusque là fatalement formatée à la faveur des influences académiques exogènes pour se servir sur le dos du peuple et servir à titre prioritaire la puissance néo colonialiste. Nos dirigeants à la lumière de leur propension d’accompagnement personnel risquent ne pas saisir le message que leur renvoie l’actualité mondiale en ce moment puisque préoccupés par des questions d’épanouissement personnel et non collectif.

La politique Trump fait-elle partie de ceux qui envoient des messages à nos dirigeants ?

Du moment où Trump semble échapper aux lobbies traditionnels qui font et défont les règles du jeu mondial car n’étant ni franc-maçon ni rosicrucien comme l’affirment certaines sources. Je crois que Trump est une chance pour l’Afrique souveraine mais, finalement pour des raisons évidentes, est présenté comme étant une menace pour l’humanité puisqu’étant justement un électron libre dans un espace géopolitique mondial où tout le monde se tient en terme de compromission. L’Afrique souveraine a sans aucun doute besoin de Trump pour sortir du joug français.

Pour sortir de notre entretien, pensez-vous que tous ces événements peuvent susciter une vraie indépendance des pays africains ?

L’indépendance de l’Afrique dépend des africains qui ont plus que jamais besoin d’un leadership fédérateur des attentes légitimes et non négociables de nos peuples qui y aspirent mais sont régulièrement trahi par une élite compradore aux ordres. La véritable indépendance de notre continent passe par l’adoption des politiques d’éducation des masses populaires à base des référentiels endogènes et sur ce plan même sans avoir inventé ni poudre ni canon comme l’affirme des courants de pensée negropgobes, l’Afrique a depuis la nuit des temps activement participé à la construction du monde à travers des référentiels simplement occultés qu’il faille simplement ressusciter.

Entretien réalisé par Didier Ndengue

 

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