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Sanctions contre Rfi, l’UE et l’Onu : les chefs d’Etat africains à l’épreuve de la solidarité

Face à l’ingérence étrangère qui cause trop de dommages collatéraux au continent, les dirigeants africains sont invités à siffler la fin de la recréation.

Silence radio pour Rfi en République démocratique du Congo (RDC). En effet, depuis quelques jours, la radio française, bras armé de la recolonisation est indésirable dans le pays de Joseph Kabila. Son signal de réception a été coupé par les autorités congolaises. Sa correspondante à Kinshasa, Florence Morice a vu son accréditation lui être retirée par Lambert Mende, le ministre de la Communication le 31 décembre 2018, juste après les élections dans ce pays convoité par les puissances étrangères à cause de son immense richesse du sous-sol. La radio française est accusée de désinformation sur le continent. Joseph Kabila, le président sortant de la RDC, n’a pas voulu que ce média pollue l’ambiance des élections tant attendues dans son pays.

Le 27 décembre plus tôt, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Leonard She Okitundu avait donné quarante-huit (48) heures à Bart Ouvry, le chef de la délégation de l’Union européenne (UE) pour quitter le territoire congolais. « Cette mesure, d’une part sanctionne le comportement répréhensible de l’intéressé et d’autre part, s’inscrit dans le cadre de la réciprocité prépensionnée », avait indiqué le diplomate congolais. Je rappelle que depuis 2016, l’UE a interdit le sol européen à certains responsables congolais parmi lesquels Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat de la majorité.

La Somalie monte au créneau

Le ras-le-bol contre l’ingérence étrangère se poursuit dans d’autres pays d’Afrique. Après la RDC, le gouvernement somalien vient d’expulser Nicholas Haysom. L’émissaire des Nations unies pour ce pays est accusé d’ « ingérence délibérée » dans sa « souveraineté ». La Somalie et la RDC ont donné le coup d’envoi. Ils ouvrent ainsi une porte qui devrait permettre aux dirigeants africains qui se disent souverains, de recadrer leurs partenaires internationaux. Car certains représentants des pays amis et organisations internationales dérapent régulièrement sur notre continent.
J’aimerai voir Idriss Deby, Paul Biya, Obiang Nguema, Paul Kagame, Alassane Dramane Ouattara, Macky Sall,…soutenir la bataille de Kabila pour ne plus avoir à le regretter plus tard comme ce fut le cas avec Mouammar Kadhafi ou Laurent Gbagbo.

Soutenir les médias locaux

Ce ne sont pas des mécontentements contre l’ingérence étrangère qui manquent sur le continent berceau de l’humanité. On a souvent vu le ministre de la Communication du Cameroun, Issa Tchiroma Bakary, condamner les « mensonges » de RFI, France 24 et des organisations de la société civile qui servent plus les intérêts de leurs bailleurs de fonds que des populations locales.

Cependant, nos gouvernants, en coupant le signal des médias qui perturbent notre tranquillité, doivent aussi donner les moyens à notre presse, pour qu’elle se déploie pour l’intérêt de nos compatriotes. Ils doivent aussi soutenir les actions de la société civile, qui ne demande qu’un accompagnement financier pour mener à bien ses missions.

Le bal est ouvert. ..

Didier Ndengue
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