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Si j’étais un mbenguiste

Si j’ai l’occasion d’aller en Mbeng, comme plusieurs compatriotes, je resterai dans mon coin pour améliorer mes conditions de vie en solo. Si j’ai l’occasion de quitter mon pays natal que je considère comme le pire des enfers, je ferai l’effort d’admirer mon pays d’accueil, mon eldorado quoi. Je ne m’occuperai plus du bavardage inutile sur les réseaux sociaux parce que j’aurai plusieurs chats à fouetter.

Donc si j’ai l’occasion de quitter ce pays qui m’a vu grandir, je ferai l’effort d’être son ambassadeur à l’extérieur. Je donnerai tout ce que j’ai dans le ventre pour le faire briller comme Pascal Siakam. Si j’ai l’occasion d’aller en Mbeng hein, je passerai tout mon temps à tricher les techniques de développement durable pour venir les implémenter ici chez moi. Je ne resterai pas connecter du matin au soir sur les réseaux sociaux pour faire la morale à ceux qui cherchent à améliorer leurs conditions de vie ici sur place. Sauf si c’est le job que je suis allé faire en Mbeng. Là c’est compréhensible.

Moi mbenguiste, je vais aller voir où on fabrique l’argent utilisé dans mon pays et voir comment je peux contribuer pour mettre fin à cette domination monétaire. Je mettrai toute mon énergie à chercher des solutions durables aux problèmes qui minent mon pays natal. Je ferai de ça un combat personnel.

Quand je deviendrai mbenguiste, je donnerai des coups de grâce à mes adversaires comme Francis Ngannou. Je fermerai les gueules des colons comme le fait Samuel Eto’o. Si j’étais un journaliste ou blogueur camer vivant en Mbeng, la géopolitique internationale serait dans mon viseur.

Je ne serai pas ce genre de mbenguistes qui croient tout connaître, qui font la morale à tout le monde. Non je ne jouerai pas celui-là qui dit batailler pour les pauvres alors qu’il n’avait jamais donné un beignet à un nanga boko quand il vivait ici. Non je ne ferai pas celui qui a le coeur sur la main, alors que je ne peux pas me prendre en photo avec un SDF qui croupit dans la misère en bas de mon immeuble pour lui dit qu’il n’a rien à crainte tant que  »le père Noël » que tu es est son voisin. Si j’étais à Mbeng où la vie est comme au paradis, selon certains mbenguistes, je serais aller chercher des financements gratuitement pour les start-ups de mon pays, où les jeunes entrepreneurs tirent le diable par la queue.

Mais si je suis un mbenguiste incapable d’apporter une solution durable aux maux laissés au pays, alors je serai dans l’obligation de m’effacer complètement des médias pour m’occuper de mes affaires, réussir et inspirer les autres qui vivent encore en  »enfer » contre leur gré.

Si seulement j’étais mbenguiste !

#LaPlumeDelAigle
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