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Vie politique : il n’y a pas match entre Fru Ndi et Kamto !

Ce lundi 29 avril 2019, faisons une petite comparaison entre les deux hommes politiques camerounais. Qui est plus puissant que l’autre ? Et comment ?

Ce lundi 29 avril 2019, faisons une petite comparaison entre les deux hommes politiques camerounais. Qui est plus puissant que l’autre ? Et comment ?  

J’ai déjà eu à rencontrer le premier une seule fois. C’était au domicile de la défunte Monique Koumatekel à Douala. Il s’y était rendu avec des sacs de pommes, de la viande de brousse,…pour soutenir la famille de la jeune femme enceinte de jumeaux, éventrée devant les urgences de l’hôpital Laquintinie. Le président du Social democratic front (Sdf), dégageait un aura, que je n’ai jamais ressentie chez les autres hommes politiques que j’ai déjà eu à rencontrer. Avec une telle carrure, il aurait pu faire un bon chef de l’Etat.

Malheureusement, il a jeté l’éponge après trois participations aux présidentielles de 1992, 2004 et 2011. Il n’a rien pu faire face à la machine à broyer du candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Après donc ces tentatives sans succès, il a passé la main au jeune Joshua Osih, député SDF à  l’Assemblée nationale et Vice-président de son parti politique.  Contrairement à son mentor, Joshua Osih manque de charisme. L’échec à la présidentielle du 07 octobre 2018 prouve qu’il est impopulaire, même dans son propre camp. Il a mordu la poussière face à Paul Biya, Maurice Kamto et Cabral Libii. Même s’il ne le manifeste pas publiquement, Fru Ndi n’est pas fier du piètre résultat ramené par son candidat. Mais cela n’empêche pas pour autant au fondateur du Sdf de rester dans l’arène politique.

Un redoutable challenger

Dans les années 90, celui qu’on surnomme le « Chairman » avait toutes les cartes pour évincer l’actuel président de la République, Paul Biya. Mais le lion a été plus malin. L’histoire retiendra cependant qu’il est l’opposant historique « en ce qu’il a mené les batailles les plus rudes depuis 90 », rapporte un journaliste, passionné des questions politiques. Dans les coulisses, il se raconte qu’il a refusé les offres extérieures à cause de son amour pour son pays. Il se raconte aussi qu’il avait tous les plus grands soutiens du monde et de la population camerounaise pour monter au Palais, mais son cœur de patriote battait très fort. « Il a donc refusé toute compromission, car il ne voulait pas voir son pays à feu et à sang », rapporte un témoin des faits. Enfin, dans le milieu politique, il se raconte que Yaoundé a acheté son silence.

Si Fru Ndi fait tout pour garder la tête à la surface de l’eau, Maurice Kamto lui, a été coffré à la prison centrale de Yaoundé, après sa première participation à l’élection présidentielle au Cameroun. Si ses partisans sont convaincus qu’il a été incarcéré dans le cadre de ses activités politiques, le gouvernement camerounais lui, affirme qu’il est sorti du champ politique après sa défaite face au candidat Biya lors de la présidentielle du 07 octobre. Malgré les multiples interdictions de manifestations, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et ses camarades n’ont cessé de descendre dans les rues pour revendiquer « sa victoire ». Mais ce genre de jeu ne marche pas avec Yaoundé. Par contre, certains observateurs croient que Maurice Kamto était bien parti pour prendre le pouvoir lors de la prochaine élection, s’il avait gardé le calme, tout en continuant à mobiliser les électeurs pour les prochaines échéances électorales. « Il a grillé sa carte », tranche un moto-taximan, ressortissant de Bafoussam. Une chose est certaine : pour une première participation à la présidentielle, arrivé en 2e position, est un coup de maître.

Ce lundi 29 avril 2019, faisons une petite comparaison entre les deux hommes politiques camerounais. Qui est plus puissant que l’autre ? Et comment ?

Quelqu’un d’intègre

Maurice Kamto est doté d’une intégrité sans pareille. L’ancien ministre délégué auprès de ministre de la Justice de Paul Biya a conduit la délégation camerounaise lors des négociations pour la rétrocession de la presqu’île de Bakassi, territoire disputé avec le Nigeria voisin. Ses ambitions étaient au-delà du poste ministériel que lui a confié le président de la République. Il démissionne en 2011 pour créer le Mrc pour combattre son ancien patron. En si peu de temps, il va réussir à séduire une bonne frange de la population. Ce leader n’a rien d’un rigolo. Son objectif : prendre le pouvoir, comme tout homme politique honnête. En octobre dernier, il joue toutes ses cartes et se hisse à la deuxième position de la présidentielle. Un espoir pour un jeune parti politique. Mais M. Kamto ne reconnait pas sa défaite. Il rejette en bloc les résultats de la présidentielle, proclamés par la Cour constitutionnelle.

Il remet en cause le verdict des urnes et même les institutions de la République qu’il a lui-même contribuer à façonner. Ça craint. Les journalistes sont divisés. Le Mrc sollicite l’aide de la communauté internationale. Pendant que ses camarades et lui prônent les marches dans les rues du pays pour revendiquer sa  »victoire », avec à l’appui les casses dans les ambassades du Cameroun à Berlin et à Paris,  ses confrères des autres partis politiques sont sur le terrain pour préparer les prochaines élections. « Pour moi, depuis 40 ans, il n’y a jamais eu d’opposant au Cameroun. L’élection présidentielle de 2018 le prouve à suffisance car avant, pendant et après cette élection, tous les partis d’opposition (petite exception) et le Rdpc ne tirent que sur une même personne », s’indigne un militant du Mrc, déçu par le jeu trouble de certains leaders de l’opposition.

Mais pour notre confrère passionné des questions politiques, la démarche de Maurice Kamto est assez claire pour réaffirmer qu’il « n’a jamais mené aucune lutte en dehors de sa candidature à la présidentielle ». Donc entre Fru Ndi et Kamto, « il n’y a même pas de comparaison à faire », conclut-il.

Didier Ndengue
Lire aussi : René Emmanuel Sadi : « le gouvernement camerounais ne saurait aucunement accepter des injonctions sur fond de chantage à peine voilé »
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1 Comment
  • NJIKI FANDONO
    29 avril 2019 at 10 h 15 min

    Article très intéressant à mon humble avis malgré quelques passages assez discutables et porteurs d’appréhensions. C’est un peu ma gêne avec tes productions depuis un moment.
    Regardes par exemple ton titre. On dirait que c’est toi qui affirme « qu’il n’y a pas match »… Or en lisant on se rend compte que ce n’est pas toi. Techniquement ça pose problème.

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