A la une Afrique Diplomatie Europe

Violation de l’ambassade du Cameroun à Paris : Gilles Thibault doit être convoqué

L’ambassadeur de France à Yaoundé devrait normalement s’expliquer auprès des autorités camerounaises sur le drame survenu ce week-end au sein de notre chancellerie.

L’ambassadeur de France à Yaoundé devrait normalement s’expliquer auprès des autorités camerounaises sur le drame survenu ce week-end au sein de notre chancellerie.

Sur les images qui font le tour des réseaux sociaux depuis samedi, on voit des manifestants piétiner le portait de Paul Biya, le chef de l’État camerounais. Tous les bureaux sont saccagés. Les écrans de télévision au sol, et les documents presqu’irrécupérables. On dirait que des malfrats ont visité l’ambassade du Cameroun à Paris hier.

Des hommes se présentant comme des militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, ont violé les lieux pour réclamer « la victoire » de leur champion à la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018. Or, ce dernier ne l’avait remporté que sur les réseaux sociaux selon le verdict de la Cour constitutionnelle.

Mais nous n’allons plus surfer sur les « pleurs » du tireur de penalty, qui n’est plus dans une logique de revendication proprement dite, mais de « déstabilisation des institutions de la République», selon le gouvernement du Cameroun. Ce qui nous interpelle ici, c’est la légèreté avec laquelle la sécurité est gérée au sein de notre mission diplomatique à Paris.

A en croire une source diplomatique, la violation d’une ambassade repose sur deux hypothèses : «En langage diplomatique, lorsqu’une situation comme celle-là se passe, où des manifestants saccagent une ambassade, ça voudrait implicitement dire que, soit les renseignements et les forces de l’ordre du pays d’accueil ne marchent pas, ou tout simplement que le pays d’accueil a laissé faire ». Dans le cadre de la France, on ne peut que surfer sur la deuxième piste. C’est-à-dire que le pays a laissé faire. Dans ce cas, il faut « tirer les conclusions et les stratégies qui s’imposent ». A la question de savoir s’il existe des mesures pour réparer ce tort, ma source me répond : «pas de manière directe. Il peut y avoir des facilités accordées lors de la rénovation (fiscalité taxation location) ».

Les explications de l’ambassadeur de France attendues

Yaoundé doit obligatoirement convoquer Gilles Thibault pour qu’il s’explique sur cette négligence de notre ambassade par l’Elysée. Car la convention de Vienne sur les relations diplomatiques « oblige le pays accréditant à assurer la sécurité des locaux de l’ambassade ou du consulat du pays accréditaire ». Ceci au nom de l’inviolabilité de la représentation diplomatique. Il y a donc eu négligence. La France n’a pas assuré sur ce coup, « alors que chaque fois qu’au Cameroun, il est exprimé une intention de manifester devant, ne serait-ce que le consulat de France, l’Etat du Cameroun envoie toujours une escouade policière ou militaire, en plus de la sécurité déjà existante au niveau du consulat », s’indigne-t-il. Gilles Thibault doit s’expliquer, vaille que vaille.

Didier Ndengue
Lire aussi : France-Afrique : Paris pris dans son propre piège
PARTAGER
ARTICLES SIMILAIRES
Pour son deuxième anniversaire, l’Organisation non-gouvernementale organise une série d’activités en faveur des démunis.
Action humanitaire : Urgence plus monde au chevet des malades
Barbara (nom d’emprunt), âgée de 17 ans, est étudiante à l’Université de Douala. Elle y est entrée en 2018. « Je suis en première année sociologie », précise cette jeune Camerounaise, avant de déballer les misères de plus de 100 étudiants de sa filière depuis le début de la rentrée académique.
UBA-Université de Douala : où sont passés les noms de près de 100 étudiants ?
Son nouveau single est déjà disponible sur les petits écrans et sur la toile.
Musique : Reniss rebondit avec « Mbeng et le feu sort »
7 Comments

Laissez votre réponse

*