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Yvonne Buanenku, une réfugiée Congolaise meurt à petit feu sous le regard complice du HCR

Incroyable, mais vrai ! Le Haut commissariat des Nations pour les réfugiés (HCR) antenne de Douala abandonne une demandeuse d’asile en plein air depuis trois mois.

Incroyable, mais vrai ! Le Haut commissariat des Nations pour les réfugiés (HCR) antenne de Douala abandonne une demandeuse d’asile en plein air depuis trois mois.

Ce mardi matin, elle est assise au bord de la rigole qui sépare sa moustiquaire des services du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Elle vient juste de se réveiller. Yvonne Buanenku, âgée de 54 ans, dort ici, en plein air, devant cette institution « humanitaire » spécialisée des Nations Unies.

Les yeux tournés vers le ciel, elle pense à sa vie et aux siens restés dans son pays (RDC). La douleur la ronge, mais Yvonne Buanenku reste forte. Le sourire l’a quitté depuis qu’elle a fui la terre de ses aïeux pour se réfugier au Cameroun. Elle m’explique qu’elle n’avait pas le choix face aux menaces qui pesaient sur elle.

Au Cameroun, elle pensait que le HCR allait s’occuper d’elle. Rien. L’institution créée pour s’occuper des réfugiés, choisit apparemment ses batailles. « C’est une réfugiée congolaise, elle n’est pas camerounaise. En plus, c’est une malade mentale », lance maladroitement un agent de l’antenne du HCR Douala. Non ! Cette mère de famille de 54 ans n’a pas de troubles mentaux comme ce monsieur veut me laisser croire. Il essaie juste de justifier leur manque d’humanisme.

En tout cas, Yvonne Buanenku croit qu’un miracle est possible. Elle ne se décourage pas. Chaque soir, elle range bien son carton et apprête sa moustiquaire pour une longue nuit risquée, car exposée aux nombreux dangers du coin. « On agresse ici presque tout le temps. Les bandits sont régulièrement armés. Imaginez un seul instant qu’ils ouvrent le feu et qu’ils ratent leur cible ; une balle perdue peut tuer cette dame comme les blagues pendant son sommeil», s’indigne un habitant du quartier. Il n’y a pas que le grand banditisme qui va croissant dans ce secteur chic du quartier Bonapriso. Hier, pendant qu’on échangeait, Yvonne m’a expliqué qu’elle a vu un serpent sur l’arbre qui est juste en face de son « lit ». « Il est descendu et a rampé jusqu’à disparaitre dans la rigole», rapporte cette femme en détresse.

L’autre jour, pendant que je me rendais au bureau, j’ai aperçu le personnel du HCR en train de faire du footing, non loin de la dame qui a besoin de leur regard. Elle n’a pas seulement de quoi se mettre sous la dent, Yvonne souffre amèrement de fièvre.

Elle se tord de douleur tous les jours sur son carton étalé à même le sol, dans l’indifférence totale du HCR. Difficile de dire avec exactitude si elle fait même sa toilette intime depuis trois mois qu’elle dort en plein air devant cette institution dite humanitaire.

Didier Ndengue  
Lire aussi :  Cameroun : un hôpital réclame plus de 10 millions au HCR
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